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Pour comprendre la « collaboration » politique mise en œuvre par Pierre Laval sous le régime de Vichy, il faut s’intéresser aux idées en matière de politique étrangère d’Aristide Briand : pacifisme dogmatique et tentative de créer une « Première union européenne ».

Cette action pour la paix sera couronnée par le prix Nobel de la Paix en 1926 avec l'Allemand Gustav Stresmann (qui organisait en même temps le réarmement de son pays avec l'aide des Soviet!).

Ce courant de pensée qui animera la majorité de la gauche française (avec notamment Pierre Laval) et qui traversera la guerre de 1939 - 1945 porte un nom : le Briandisme.

Il prévoyait de céder la direction de l'Europe à une organisation non élue et indépendante des états (trop béliqueux !) : La SDN.

Ouf ! Nous avons échappé à un conseil de l'Europe aux mains de l'ONU !

Aristide Briand : Le père de l'Europe de 1926 qui conduisit à la Collaboration politique dès juin 1940

Depuis 1922 et la conférence de Cannes, contre l’avis du président de la république, Aristide Briand a modifié en profondeur la politique étrangère de la France. D’une position ferme de l’application du traité de Versailles (et notamment du versement intégral des dommages de guerre), elle est passée à une politique de négociation sur les réparations qui permettrait d’avoir des meilleures relations avec l’Allemagne, mais aussi avec l’Angleterre. Devant l’hostilité du président de la république, d’une partie de ses ministres et d’une bonne partie des parlementaires, Aristide Briand n’attendra pas la fin de la conférence de Cannes et remettra sa démission le 15 janvier 1922. Raymond Poincaré, un des principaux sénateurs opposants à la politique pacifiste d’Aristide Briand martèlera que l’Allemagne n’a pas changé et demeure un danger pour la Patrie.

Avec le Cartel des gauches, Aristide Briand revient au pouvoir de 1925 à 1929. Pierre Laval fera parti des trois gouvernements formés. C’est alors « l’apogée de la sécurité collective".

Le nouveau président du Conseil a pris conscience de la faiblesse de la France : matérielle, financière, militaire et humaine. Il croit que la sécurité des Français réside dans une sécurité collective mise en œuvre au sein de la SDN, avec l’appui des alliés naturels de la France : Royaume uni et Etats-Unis. Il préconise aussi un apaisement des tensions avec l’Allemagne. Sa politique audacieuse et novatrice comportera des moments importants : octobre 1925 avec le pacte de Locarno ; septembre 1926 avec l’admission de l’Allemagne à la SDN ; 27 août 1929 avec la signature du pacte Briand-Kellogg. Il proposera même le 5 septembre 1929 devant l’assemblée générale de la SDN de créer « une sorte de lien fédéral » entre les peuples européens. Il réitèrera sa proposition en mai 1930 en proposant « L’établissement d’un marché commun ayant pour but l’élévation du bien-être humain sur l’ensemble des territoires de la communauté européenne ». Décidée en Août 1929 alors qu’il était encore au pouvoir, la Rhénanie fut évacuée en 1930 conformément aux décisions de la conférence de La Hayes. Cela se fit au détriment de la France par une application du plan Young de juin 1929. Celui-ci prévoyait de réduire le montant des réparations et son échelonnement jusqu’en 1988 (alors que l’Allemagne était en pleine prospérité !)

Cette ligne cohérente fait que certains voient dans Aristide Briand un des pères fondateurs de l’Europe. D’autres le moquent pour son pacifisme et sa naïveté. « Pèlerin de la paix », il prononça un discours célèbre pour l’admission de l’Allemagne à la SDN en 1926 : « Plus de guerre, plus de solutions brutales et sanglantes à nos différents ! … Arrière les fusils, les mitrailleuses, les canons ! Place à la conciliation, à l’arbitrage, à la paix ! »

Aristide Briand n’avait pas vu qu’une menace d’un tout autre ordre se profilait en Europe : l’arrivée au pouvoir le 30 janvier 1933 d’un parti révolutionnaire en Allemagne avec le National-socialisme qui, comme le bolchevisme, préconise la guerre civile comme règle de gouvernement, son hostilité à la bourgeoisie avec la lutte des classes et son antisémitisme comme lutte contre le capitalisme !

En Allemagne, ce ventre mou qu’était la république de Weimar (bien qu'ayant ré-armé l'Allemagne avec l'aide de Lénine!) ne pouvait que chuter entre deux totalitarismes : celui du marxisme-léninisme ou celui du National-socialisme.

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Tag(s) : #Histoire de l'Europe, #Histoire de Vichy

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