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Catherine de Medicis

Catherine de Medicis

Dans une conjoncture agricole morose, le fait marquant de la seconde moitié du 16e siècle reste les 7 guerres civiles successives qui déchirèrent presque toutes les provinces de France et qu’on nomme les « Guerres de religions ». A l’époque on parlait de « Troubles religieux ».

40 ans de guerres civiles qui ruinèrent la France pour longtemps et ne lui permirent pas de participer à cette fabuleuse aventure que fut la découverte du Nouveau Monde et des nouvelles routes commerciales permettant d'atteindre l'Asie sans passer en territoire musulman.

40 années d'une suite de guerres civiles entre Catholiques et Protestants entrecoupées de traités de paix vites contestés.

Les historiens ont l'habitude de dater cette période des "Guerres de religions" de 1559 à 1598 (Bien que l'introduction du protestantisme en France soit largement antérieure).

1559 correspond à la première réunion de l'Assemblée nationale des protestants de France (Aussi connu sous le vocable de 1er synode national protestant) qui s'est tenue à Paris, rue des marais saint Germain, du 25 au 29 mai 1559. Cette réunion structura le protestantisme français naissant, mais surtout, opta pour l'un des courants radicaux du protestantisme : le Calvinisme et son modèle de république théocratique instaurée à Genève et dirigée par Calvin lui-même (Lire l'article : La République de Genève de Calvin : une dictature religieuse et morale).

1598 correspond à la promulgation, en avril, de l'Edit de Nantes (Ou Edit de tolérance) qui officialisa la partition de la France entre enclaves protestantes et domaine royal. La Révocation de l'Edit de Nantes, le 18 octobre 1685, mettra fin à cette partition dans un climat qui n'était pas totalement apaisé... 87 ans après l'Edit de Nantes.

Avec cette succession de guerres civiles, la France fait exception en Europe (Avec les Pays bas espagnols, soit l'actuelle Belgique plus la Hollande).

Dans les pays du nord de l'Europe où le protestantisme était présent, les fidèles durent adopter la religion du Prince : Soit Catholique, soit Luthérien. Dans de rares cas, ils eurent la liberté de conscience dans une cohabitation apaisée comme dans le cas des Etats de Lorraine où l'on pouvait passer d'une religion à l'autre. Cela n'empêcha pas les guerres entre principautés !

Calvin avec son projet de République théocratique radical mis la main définitivement sur le protestantisme français en 1559 notamment en envoyant depuis Genève des prédicateurs ou en formant les futurs pasteurs français.

Une partie des "Grands" du Royaume convertis au protestantisme va alors bâtir un projet politico-religieux visant à mettre la main sur l'ensemble du Royaume de France afin de le transformer en royaume théocratique protestant sur le modèle de la République de Genève dirigée par Calvin.

Dans de telles conditions, les efforts constants de Catherine de Médicis pour faire accepter la liberté de conscience partout dans le Royaume de France furent vains. Les Catholiques subissant les outrances du Calvinisme y seront hostiles. Le Parti Huguenot rejettera tous les Edits de tolérances... sauf le dernier (Qui sera moins favorable que le premier) !

L'Edit de Nantes, qui met fin à cette suite de guerres civiles, accordera la liberté de conscience aux protestants et un ensemble de places fortes, embryon de république théocratique. Dans certaines régions du Sud-Ouest et en Languedoc, la pression des huguenots sera telle que bon nombre de catholiques et de juifs finiront par émigrer. Ce sera une des sources du peuplement de l'Acadie (Au Canada) à partir de 1600. Ces réfugiés religieux ne savaient pas qu'ils seront chassés de leurs nouvelles terres par un autre intégrisme protestant venant d'Angleterre : le Puritanisme.

Ce dossier raconte ce que fut le combat des adeptes de Calvin, organisé en parti politico-religieux radical (Le parti Huguenot) pour prendre le contrôle de la France et y instaurer une théocratie sur le modèle de la République de Genève. Comment la France ne put éviter de sombrer dans la première guerre civile alors que Catherine de Médicis joua l'apaisement et l'accommodation en  accordant aux huguenots la liberté de conscience totale (Conditions très favorables qu'ils ne retrouveront plus jamais).

Malheureusement, l'Histoire officielle n'a retenu que la réaction violente des Catholiques exaspérés par les trois premières guerres civiles déclenchées par le Parti huguenot. Ce furent les massacres de la Saint Barthélemy (24 août 1572)... qui succédèrent aux massacres de la saint Michel voulus par les chefs protestants (30 septembre 1567).

 

 

 

 

Jean Calvin

Jean Calvin

La main mise du protestantisme français par Calvin en 1559

1559 correspond à la douzième et dernière année du régne de Henri II (Mort accidentellement dans un tournois) durant lesquelles s'est développée la Réforme protestante un peu partout en France malgrè une sévère répression conduisant bon nombre de Huguenots à s'installer en terre calviniste, la République de Genève.

Les fidèles se réunissaient en assemblées informelles pour prier, lire la Bible et chanter des psaumes. Ce fut la période des églises "Plantées".

En 1555, fut créée la première église dressée à Paris, rue du marais saint Germain, sur le modèle genevoix de Calvin qui consistait à la doter d'un conseil des anciens et d'un pasteur qui pouvait administrer les deux sacrements reconnus par les protestants : le Cène et le Baptème.

Ce modèle d'église dressée va alors se propager depuis Paris vers le Val de loire et le sud-ouest du Royaume de France, avant d'atteinde le Languedoc.

Rue des marais saint Germain (Actuelle rue Visconti), du 25 au 29 mai 1559, les protestants français vont réunir en toute discrétion leur premier synode national. Il fut présidé par François Morel, pasteur revenu en France après avoir passé deux ans à Genève. Environ 72 églises locales "Dressées" du Val de Loire, du Poitou et du Saintonge y ont été représentées par des pasteurs et des anciens.

A partir de ce premier synode national protestant de 1559, la Réforme française sera structurée sur le modèle de Calvin et étroitement administrée depuis la République de Genève, théocratie protestante durablement installée.

Ainsi, elle adoptera un des courants radicaux du protestantisme (Avec l'Anabaptisme et le puritanisme anglais)... alors que le reste de l'Europe continentale suivra la Foi de Luther.

 

 

 

La République de Genève, théocratie aux mains de Calvin

Plus qu'une théocratie protestante, il s'agit d'un projet politique visant à construire "L'Homme nouveau", vision politique nouvelle qui sera conceptualisée par "Les Lumières"... puis transformée en concept athé et appliquée par les deux totalitarismes du XXe siècle.

Selon Calvin, l’homme est « complètement insignifiant », sa seule chance de salut repose dans le Christ et celle de la société « dans les Élus choisis pour exécuter les desseins de Dieu ». Concept protestant de la Prédestination selon lequel seul Dieu choisit les "Elus"... quel que soient les fautes et crimes commis. 

La République de Genève de Calvin sera une terre où il n'est pas envisageable de ne pas suivre la Réforme. Pas question de liberté de conscience.

Elle partagera avec le Puritanisme anglais cette vision austère de la vie de tous les jours. 

Avec les prêches quotidiens à heure fixe, les sermons obligatoires du dimanche, la cène quatre fois par an – « confession de foi communautaire en acte » –, l’étude des abécédaires et du catéchisme, mais aussi la mémorisation des psaumes, qu’on chante au temple, dans la rue ou au travail, la nouvelle Église veut ériger la loi de Dieu en idéal quotidien découlant de la foi.

Un tel projet justifie le développement d’une police des âmes, des esprits et des corps sans précédent. Afin de consolider l’ordre patriarcal et de garantir la transmission de la propriété au sein des familles, l’encadrement du mariage, la lutte contre la paillardise et la fornication, mais aussi la condamnation de l’adultère, de l’infanticide et de la sodomie sont renforcés.

En même temps, la morale publique fait l’objet d’une surveillance accrue : règlementation des hôtelleries, des tavernes et des étuves, dénonciation du luxe et de la coquetterie, répression de la vente à la criée, de l’obscénité, de l’ivresse publique, des danses et des chansons déshonnêtes, interdiction du jeu et de la prostitution, etc. Les fêtes religieuses chômées sont aussi supprimées.

Chaque année, des dizeniers, chefs de quartier, commis pas les pasteurs visitent les maisons pour en interroger les habitants. Les mauvais protestants sont convoqués devant le Consistoire et sévèrement punis.

La femme de « l’homme nouveau » paie un tribut plus lourd encore. L’adultère est ainsi puni de mort lorsqu’elle est seule mariée et que le scandale est public. De son côté, l’homme est fouetté et banni.

Bien évidemment, les identités transgenres sont persécutées. " Dieu requiert […] qu’il n’y ait point de femmes semblables à des lansquenets" prêche Calvin qui fera multiplier les condamnations au bûcher pour sodomie.

C'est ce projet politique et religieux que le Parti Huguenots voudra étendre à tout le Royaume de France. contre le Peuple catholique.

Profitant de l'instabilité à la tête du Royaume, le Parti huguenot tentera à plusieurs reprises de mettre la main sur les instances dirigeantes qu'est le Conseil du Roi. Ce sera la Conjuration d'Amboise.en 1560.

 

 

Le parti huguenot tente d’enlever le Roi : c’est la conjuration d’Amboise de 1560

En mars 1560, c’est la conjuration d’Amboise pendant laquelle les protestants tentent d’enlever le jeune roi François II pour le soustraire à l’influence des Guise.

Fils aîné de Catherine de Médicis, il a alors 16 ans et gouverne le royaume depuis moins d’un an avec à son conseil la puissante branche de la maison de Lorraine, les Guise[1].

Inspirée par Louis 1er prince de Condé[2], cette tentative d'enlèvement du Roi fut conduite par Godefroi de Barri seigneur de La Renaudie. Suite à la trahison d’un ami de ce dernier, elle fut découverte alors que les conjurés se rendaient à Amboise et s’acheva dans un bain de sang dans les jardins même du château où la plupart des participants furent exécutés. Le prince de Condé fut condamné à mort par le jeune roi. Il eut la vie sauve suite à la mort de ce dernier qui intervient en décembre 1560.

 

 

[1] La maison de Guise est une branche de la maison de Lorraine issue du fils cadet de René II de Lorraine : Claude de Lorraine premier duc de Guise (1496 – 1550). Sa fille fut reine d’Ecosse, Marie de Guise, mère de Marie Stuart. Le second duc de guise, François 1er de Lorraine exerça le pouvoir avec son frère à l’arrivée du nouveau roi qui était son neveu par alliance.

[2] La maison de Condé est une branche de la maison des Bourbon issue de Louis 1er prince de Condé (1530 – 1569), cinquième fils de Charles de Bourbon (frère du père d’Henri IV). Les Condé furent jusqu’en 1709 premiers princes de sang et appelés « Monsieur le prince ».

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Catherine de Médicis répond par un édit très favorable aux huguenots en 1562

Le second fils de Henri II et de Catherine de Médicis arriva au trône de France alors qu’il n’avait que dix ans sous le nom de Charles IX. Commença alors une période de régence avec, comme régente nommée par le conseil du Roi, Catherine de Médicis.

Alors qu’elle avait eu un rôle effacé pendant le règne de son mari Henri II, éclipsé par Diane de Poitiers et par la maison des Guise, puis sous le bref règne de son fils François II sous influence de la maison des Guise, Catherine de Médicis montra de grandes capacités politiques dans une situation rendue difficile par les intrigues des partis, maison de Bourbon protestante contre maison de Lorraine catholique.

Dès son arrivée au pouvoir en 1560, elle nomma Michel de l’Hospital ministre et promulgua des édits de tolérance et d’amnisties dès le printemps de la même année. Elle souhaitait mettre en place une politique d’équilibre entre les partis et les princes qui conduirait à la tolérance et à la paix religieuse.

Avec Michel de l’Hospital, la régente tenta une conciliation entre protestant et catholique : elle convoqua le Colloque de Poissy pour le 9 septembre 1561 afin de trouver un compromis doctrinal ou, faute de mieux, la tolérance entre les deux confessions. Ce fut un échec. Elle redoubla d’efforts en organisant d’autres conférences théologiques. Aucun compromis ne fut trouvé à cause principalement de deux points : La présence ou non du vrai corps du Christ dans l’Eucharistie ; le culte des images (les protestants étant iconoclastes).

Ces rencontres se terminèrent par la promulgation de l’édit de Saint Germain du 16 janvier 1562 qui attribuait aux protestants un statut de minorité reconnue et protégée (édit connu sous le nom de Edit de janvier).

Ce fut l’édit le plus libéral qui soit ! Il ordonne la restitution des églises et biens ecclésiastiques abusivement saisis aux catholiques ; mais il accorde la liberté de conscience aux protestants et permet de s’assembler pour la prédication dans les faubourgs (hors des villes). Les synodes et consistoires sont autorisés sous réserve d’une autorisation et de la présence d’un représentant du Roi. Les ministres du culte protestant devront jurer devant un officier du Roi d’enseigner une doctrine conforme au symbole de Nicée et à la Bible. Ils devront s’abstenir de toute attaque contre la religion catholique, respecter les fêtes catholiques et la législation générale en matière de mariage.

Les responsables protestants auront du mal à faire adopter l’Edit de janvier par les communautés qui s’étaient assurées localement une position dominante. Les catholiques y verront une honteuse faiblesse de la Régente et compteront sur le duc de Guise, le connétable de Montmorency et le maréchal de Saint André pour défendre leur cause.

La Réforme gagna la noblesse et une minorité d’évêques, et par voix de conséquence, les campagnes par le biais de l’autorité seigneuriale : petits officiers des seigneuries, métayers et fermiers, simples justiciables adopteront la religion du maître ! A la fin de l’année 1561, un gentilhomme protestant lança à un capitaine catholique : « Vous avez beau faire et crier, à la fin nous en serons tous ! ».

Le début de la profanation des lieux de culte catholiques en 1562

L’Edit de janvier a fait passer les protestants de la clandestinité à la lumière. Les assemblées ne peuvent plus se dérouler dans les champs à la merci des intempéries. Les protestants commencent à occuper les plus grandes des églises qui se trouvent être celles des couvents et les « nettoient » afin d’y célébrer leur culte : les autels sont détruits, ils brisent les croix et les statues, passent les murs à la chaux.

Cette adaptation des lieux saisis va ouvrir la voie à un iconoclasme dévastateur et intolérant accompagné de blasphèmes et de violences qui va durer jusqu’à l’Edit de Nantes en 1598.

Au total, les profanations des lieux de culte catholique faites par les protestants seront plus nombreuses que celles faites pendant la révolution !

 

Le parti huguenot se structure en force politico-militaire

Après la piteuse Conjuration d’Amboise, les calvinistes s’organisent en un parti politique et militaire qu’on appellera à partir de 1560 « Huguenot ».

Ils sont étroitement rattachés à la République théocratique de Genève de Calvin dont ils reçoivent la formation pastorale. Ils s’appuient sur deux réseaux distincts : un premier réseau « nobiliaire » qui repose sur une pyramide de nobles qui va jusqu’aux Bourbons et aux châtillons (moins haut placés mais plus indépendants) ; un réseau « municipal » constitué des villes dont le pouvoir est passé aux mains des calvinistes.

C’est dans ce parti huguenot que se cultive un esprit de supériorité et de jusqu’auboutisme qui va conduire aux affrontements meurtriers de la première guerre civile qu’il va déclencher.

 

Le sursaut du Peuple catholique

Dans les deux ans qui ont suivi le synode protestant de Paris de 1559 et surtout en 1561, les masses populaires catholiques manifestèrent pour la défense des rites traditionnels et des cultes agraires à l’occasion des fêtes religieuses.

Comme dans toute manifestation, quelques exactions eurent lieu. Ce sursaut populaire eut le mérite de mettre un terme au refus du clergé français et du parlement de l’installation des jésuites en France qui sont un des principaux fers de lance de la Contre réforme catholique.

 

Le massacre de Wassy par le duc de Guise en 1562

Le gros succès, aux yeux de Coligny et de Théodore de Bèze, de l’Edit de janvier n’apaisa pas les passions ; les provocations se multiplièrent de part et d’autres et notamment en Languedoc.

Le 1er mars 1562 eut lieu le massacre de Wassy. Alors que le duc de guise revenait d’une entrevue en Allemagne avec les princes luthériens (hautement suspects des calvinistes), il trouva un groupe de protestants priant dans une grange au milieu du bourg en contradiction avec les accords du traité de Janvier. Il voulut y remédier mais la situation s’envenima et dégénéra.

Les sources écrites immédiatement après ces faits sont absentes, si bien que le nombre de victimes est hypothétique. Les recherches historiques actuelles fixent le nombre de morts à une vingtaine.

Certes, c’est beaucoup mais c’est à rapprocher des 17 morts du massacre par les huguenots du clergé de Montpellier dans la cathédrale saint Pierre le 20 octobre 1561… soit six mois avant le massacre de Wassy !

 

 

En réponse, le parti huguenot en appelle à la guerre civile

Cet incident, qui ne fut pas plus violent que ceux commis de part et d’autre depuis 1560 qui marque le début de la Régence, servit de prétexte aux chefs calvinistes pour commencer la guerre en appelant leurs armées à quitter Paris et à se concentrer à Orléans (avril 1562). Cette décision fut lourde de conséquence pour l’avenir de la France. Elle fut rejetée par nombre de notables qui penchaient pour les idées calvinistes sous réserve de rester fidèle au Roi.

Elle entraîna une guerre civile de près d’un an qui ravagea les villes et les campagnes avec à la clef son lot de massacres dans les deux camps. Partout où ils sont devenus les maîtres, les huguenots procédèrent à un nouveau pillage des églises en s’attaquant, entre autres, aux reliquaires si précieux pour les catholiques qu’ils seront marqués par la haine pendant longtemps.

Cherchant l’appui de puissances étrangères, le parti des huguenots ne trouva un accord avec Elisabeth d’Angleterre qu’en échange du port du Havre. Cela restera une croix noire dans leur bilan !

La première guerre de religion aurait pu être évitée si le Parti huguenot avait choisi l’apaisement en acceptant les propositions de Catherine de Médicis. N’acceptant pas que deux religions puissent coexister, leur but était la conquête totale du royaume ou, au mieux, une scission comme dans le cas des Provinces-Unies. Les protestants sont bien les seuls responsables de la seconde guerre de religion !

 

Catherine de Médicis répond par l’édit de pacification d’Amboise de mars 1563

A la suite de l’assassinat du duc de Guise pendant le siège d’Orléans où les huguenots étaient retranchés, et alors que plusieurs chefs protestants étaient morts au combat, Catherine de Médicis put imposer l’édit de pacification d’Amboise le 19 mars 1563.

Moins favorable que l’édit de Janvier, il continue à reconnaître la liberté de conscience et autorise le culte protestant dans une ville par baillage (au lieu de en dehors des bourgs) et chez tous les seigneurs haut-justiciers. Pour le parti huguenot, c’est une avancée malgré la défaite militaire humiliante qu’il venait de subir. En gage de bonne volonté, il dut mettre à disposition de l’armée royale son armée afin d’aller reconquérir le port du Havre occupé par les Anglais.

L’initiative la plus originale de Catherine de Médicis fut la tournée qu’elle fit avec le Roi et la cours pendant plus de deux ans (de 1564 à 1566), écoutant les doléances des deux camps, procédant à des compromis et en fin de compte imposant la paix.

Cette paix temporaire voit se construire les premiers temples protestants et s’ouvrir les premiers collèges tandis que l’édition peut se faire sur le sol français.

Au cours des trois synodes nationaux (en 1563, 1565 et 1567), l’emprise de la république théocratique de Genève instituée par Calvin devient totale (avec tous ses excès). Après la mort de Calvin en 1564, c’est Théodore de Bèze qui séjourne fréquemment en France qui le remplace.

Côté catholique, le concile de Trente se termine en décembre 1563 avec une église profondément rénovée. C’est le début de la Contre-réforme catholique et de l’accélération de l’implantation des jésuites avec leurs collèges dans chaque ville et leurs imprimeries.

 

Les huguenots reprennent les armes pour la saint Michel 1567

Après la proclamation de la majorité de Charles IX, Catherine de Médicis continua à gouverner le royaume de France au nom de son fils. La rencontre qu’elle eut à Bayonne, en 1565, avec le représentant du Roi d’Espagne Philippe II, le duc d’Albe, inquiéta les chefs protestants. Ils y virent une potentielle alliance de la France et de l’Espagne contre le Pays-Bas, province espagnole qui se rebellait pour des motifs à la fois politiques et religieux. C’était plus qu’une menace puisque le duc d’Albe était chargé de convoyer une forte armée sur place.

En réaction, les chefs huguenots décidèrent d’enlever le jeune roi ; ce fut un échec mais le jour dit, jour de la saint Michel (29 septembre 1567), les protestants prirent les armes partout en France.

Un des plus célèbres massacres qui divisa la population jusqu’au début des années 1960 est celui de Nîmes durant lequel 80 à 90 catholiques furent brûlés vif dans la cathédrale.

S’en suivirent trois années de guerre civile meurtrière ! C’est la troisième guerre de religion. Elle fut déclenchée par le parti huguenot.

 

Catherine de Médicis propose toujours la paix et la tolérance

Le parti huguenot subit plusieurs graves défaites notamment celles de Saint-Denis, Jarnac et Moncontour, ce qui n’empêcha pas la reine-mère Catherine de Médicis de lui proposer à nouveau la paix et la tolérance : en 1568 la Paix de Longjumeau ; en 1570 la Paix de Saint Germain.

Catherine de Médicis va même plus loin que tout ce qui a été déjà promis aux protestants : elle leurs accorda quatre places fortes pour garantir leur sûreté : La Rochelle, Montauban, Cognac et La Charité ; et de pouvoir postuler à tous les emplois publics.

La Paix de Saint Germain fut enfin signée le 8 août 1570 mettant fin à la troisième guerre de religion.

 

Le parti huguenot revient en grâce

Seul rescapé des combats, Condé fut achevé sur le champ de bataille de Jarnac, L’amiral de Coligny devint le chef incontesté du parti huguenot.

Après la signature de la Paix de Saint Germain à laquelle il participa activement, il revint en grâce auprès du Roi. Il intrigua pour faire adopter « Son grand projet politique » : En s’alliant avec l’Angleterre protestante, faire la guerre contre l’Espagne afin d’aider les révoltés huguenots des Pays-Bas. Selon lui, cela permettrait de canaliser vers l’étranger les pulsions guerrières de la noblesse française.

La reine-mère ne l’entendit pas de cette oreille car la France n’était pas en mesure financièrement et humainement à soutenir une nouvelle guerre et, de plus, elle avait peu confiance en une alliance avec l’Angleterre.

Face à l’amiral de Coligny, elle ne lui avait pas pardonné d’avoir sabordé la paix en armant ses partisans à la saint Michel 1567, brisant net sa difficile politique de tolérance ce qui conduisit directement à la troisième guerre de religion qui dura presque trois ans (Du 29 septembre 1567 au 8 août 1570)

 

La tentative manquée de l’assassinat de l’amiral de Coligny

Catherine de Médicis laissa les mains libres aux guise qui n’attendaient que cela pour se venger de l’instigateur de l’assassinant de François 1er de Lorraine second duc de Guise pendant le siège d’Orléans en 1563. Ils passèrent à l’action le 22 août 1572 : l’amiral de Coligny ne fut que blessé !

Craignant une réaction violente du parti huguenot à cette tentative d’assassinat, le passé faisait craindre le pire avec l’appel à la mobilisation lancé après le massacre de Wassy qui conduisit à une guerre civile d’un an, puis l’enlèvement manqué du jeune Roi et l’appel à la guerre à la saint Michel 1567 qui conduisit à une guerre de trois ans, la régente ne voulut pas que se reproduise ce genre d’escalade des huguenots.

Elle décida d’affaiblir la tête du parti huguenot en procédant à quelques assassinats le jour de la saint Barthélemy. D’une tentative d’assassinat du principal dirigeant du parti huguenot, on en arriva à une quatrième guerre civile, celle-ci déclenchée par le peuple des catholiques (alors que les trois premières avaient été déclenchées par le parti huguenot). Elle désintégrera le Royaume jusqu’en 1584.

La longue tentative de conciliation de Catherine de Médicis et le refus du Parti Huguenot qui voulait une scission de la France conduisirent à une réaction violente du peuple catholique exaspéré par 12 ans de violence calviniste : Ce fût la Saint Barthélemy, le 24 août 1572.

 

 

 

Tag(s) : #Histoire des Guerres de religion

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