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Marché aux esclaves chrétiens captifs en Terre d'Islam

Marché aux esclaves chrétiens captifs en Terre d'Islam

L'Europe est de nouveau sous la menace directe d'une confrontation avec l'Islam politique et conquérant qui ne rêve que de rétablir l'Empire ottoman en y intégrant la totalité de l'Europe. Cette situation n'est pas nouvelle : c'est celle que vécurent nos ancêtres tout au long de la plus grande partie du Moyen-âge et jusqu'en 1830 avec l'intervention en Algérie qui permit de mettre un terme à la chasse aux esclaves en Méditerranée.

Faire l'Histoire de la confrontation entre l'Islam et la Chrétienté dépasse le cadre de cet article qui ne se concentre que sur le 16e siècle.

Quel était l'état des relations entre l'islam et le christianisme au XVIe siècle ?

D'une part, le souvenir des Croisades continuait à être toujours vivante dans l'esprit des gens des deux côtés. La prise de Jérusalem par les Turcs en 1071 avait vu l'interdiction pour les pèlerins chrétiens d'accéder aux lieux saints. S'en était suivies neuf croisades successives destinées à rétablir puis sécuriser l'accès à Jérusalem pour les pèlerins. En 1291, la Palestine sera en totalité conquise par les musulmans et les pèlerinages interdits définitivement.

Le 29 mai 1553 fut le centenaire  de la chute de Constantinople, qui avait provoqué un énorme impact en Europe et a été l'une des raisons qui, paradoxalement, a contribué à l'épanouissement de la Renaissance italienne. La fermeture définitive des routes commerciales entre l'Europe et l'Asie va dynamiser la recherche par l'ouest de nouvelles routes maritimes, ce qui conduira à la découverte du Nouveau Monde. Le saccage de la seconde Rome marqua la fin définitive de l'Empire romain en tant qu'entité juridique, la fin sans retour de 3 000 ans de culture hellénique en Asie mineure. Se sera surtout le début de la conquête de l'Europe orientale par les musulmans qui iront jusque sous les murs de Vienne en 1529.

Dans la péninsule ibérique, à peine quelques décennies se sont écoulées depuis la conquête du royaume de Grenade par une alliance castillane-aragonaise. Presque 500 ans pour mettre fin à la colonisation musulmane de l'Espagne et du Portugal. 718 verra les Asturies libérées ; le 16 juillet 1212 et la bataille de Las Navas de Tolosa couronneront l'essentiel de la "Reconquista". Il faudra attendre le 2 janvier 1492 et la chute du petit Royaume de Grenade pour que l'Occident chrétien mette fin à la colonisation musulmane de la Péninsule ibérique.

Et non seulement ces événements importants étaient stockés dans la mémoire collective de l'Occident, mais dans ces mêmes années toute l'Europe vivait sous la menace turque comme s'il s'agissait d'une épée géante de Damoclès qui allait implacablement tomber sur tous.

En 1526, le grand royaume de Hongrie fut abattu à la bataille de Mohacs, durant laquelle son roi même perdit la vie, et après, toute l'Europe centrale resta à la merci des troupes du sultan. La fin de l'occupation de la Hongrie ne se fera pas avant 1683... Celle de la Grèce 1827 !

C'est la grande époque des barbaresques qui écument la méditerranée, rendant difficile le commerce, et opérant des chasses aux esclaves sur les côtes d'Italie, de France et d'Espagne. La menace persista jusqu'en 1830, date à laquelle la France fit une intervention en Algérie afin de mettre fin à l'esclavage et aux derniers bagnes d'Alger et de Tunis. (Lire l'ouvrage Les barbaresques de Jacques Heers)

C'est la grande époque de Barberousse, redoutable capitaine avec ses 2 000 janissaires fanatiques, qui en 1519, saccagea  la région côtière de la Provence, fit de même avec le sud de l'Italie de 1535 à 1555, s'empara de la ville de Nice en 1543 avec l'aide officielle de la flotte française (Lire l'article 1543-1544 : Quand la flotte ottomane passe l'hiver à Toulon). Il alla même menacer Rome et Venise dût payer une énorme quantité d'or et de céder plusieurs îles pour préserver son indépendance.

Dans ces circonstances d'une guerre sans merci, globale, et prolongée durant plusieurs siècles – avec seulement de brèves parenthèses – sur divers champs de bataille, avec différents protagonistes humains, mais avec une même réalité religieuse, à savoir une lutte  au niveau théologique qui était le pendant idéologique du conflit armé.

Du côté chrétien, il était impératif d'affirmer le caractère inférieur et subordonnée de la nouvelle foi musulmane, si ce n’est sa nature diabolique, pour mieux souligner la prépondérance chrétienne afin d’encourager l'esprit de ses croyants.

Jean de Damas, né vers 676 et mort en 749, connu aussi sous le nom de Jean Damascène, fut le premier auteur chrétien à vivre la confrontation avec l'Islam et à réfléchir sur la question. Son travail a eu une influence énorme tant en Orient qu’en Occident à tel point qu'il a conditionné toutes les études faites en terres chrétiennes sur l'islam durant  tout le Moyen Age.

Dans son œuvre contre les hérésies, il n'hésite pas à décrire l'islam comme une dérivation de l'arianisme. Selon cet auteur, Mohammed découvrit par hasard les textes de l'Ancien et du Nouveau Testament, avec l'aide d'un moine chrétien qui était précisément d’hérésie arienne et il développa sa propre version de la doctrine chrétienne. Pour lui, Mahomet ne serait pas seulement un hérétique, mais le “précurseur de l’Antéchrist”.

L'émergence de la Réforme protestante n'a pas changé beaucoup l’appréciation sur l'islam. Martin Luther (1483-1546) craint que le christianisme ne soit finalement écrasées par l'avance musulmane et a appelé à fortifier la foi des chrétiens afin qu’ils résistent aux Turcs. Lorsqu'on lui demande si Muhammad était l'Antéchrist, il répond négativement, parce que l'islam était, selon lui,  trop grossier et irrationnel pour tenir un rôle aussi important, et il se montrait convaincu que l’Antéchrist, qui était plus effrayant et insidieux que ne l’était l’islam, aurait à se manifester au sein du christianisme afin d'être plus meurtrier : en fait, il ne pouvait être autre que le pape lui-même. Pour lui, on pouvait seulement espérer vaincre un ennemi extérieur que lorsqu’on aura vaincu l’ennemi de l’intérieur.

Jean Calvin eut une position plus radicale que Martin Luther. Avec l'emportement qui caractérisait son caractère bien radical, il affirmait que les musulmans "Sont coupables de perversités et conduisent de nombreuses personnes à la perdition, si bien qu'ils méritent d'être exécutés". Comme on le voit, l'inclinaison de Calvin à envoyer à l'échafaud ou au bûcher tout ceux qui étaient en désaccord avec lui n'était pas réservé uniquement à ses opposant politiques et religieux. (Lire l'article Quand Jean Calvin persécutait ses opposants ou  La République de Genève de Calvin : Une dictature religieuse et morale)

D'autres chrétiens de l'époque ont exprimés des opinions plus nuancées. Erasme écrivit que les chrétiens ne pouvaient donner que bien peu de leçons aux autres en matière de religion puisqu'ils étaient enclins à manquer aux commandements. Erasmus affirma qu'il préférait "Un turc sincère plutôt qu'un faux chrétien". D'autres humanistes prirent ce parti.

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Islam

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