Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

Ordre des Trinitaires ou Mathurins

Ordre religieux rédempteur, de son nom officiel « L’ordre de la Très Sainte Trinité pour la Rédemption des Captifs » ou « Ordre de la Très Sainte Trinité » a été fondé par un Provençal, Jean de Matha, né en 1160 à Barcelonnette.

En tant qu’ordre rédempteur, l’Ordre des Trinitaires a pour vocation essentielle le rachat des captifs chrétiens tombés aux mains des musulmans suite à des razzias ou pris en mer.

Un second ordre rédempteur sera fondé en 1218 et portera le nom de « Ordre de Notre Dame de la Merci », plus connu sous l’appellation de « Ordre des Mercédaires ».

De 1212, date de la disparition de Jean de Matha, à 1785, année de la dernière rédemption générale de l’ordre, 40 000 captifs ont été rachetés au cours d’environ 400 rédemptions. Cela montre l’importance de l’insécurité qui régna sur les côtes de Méditerranées ou en mer jusque vers les années 1850.

En novembre 1194, alors qu’il célébrait la messe, l’Ange du Seigneur lui serait apparu avec, à ses pieds, deux esclaves chargés de chaînes, l’un maure et l’autre chrétien. Il décida donc d’aller à Rome, accompagné de l’ermite Félix de Valois, pour rapporter au pape Innocent III la vision qu’il avait eue.

Le Souverain Pontife, ayant vécu la même expérience en célébrant une messe, approuva la fondation de l’ordre de la Très Sainte Trinité pour la Rédemption des Captifs.

De retour à Paris, Jean de Matha et Félix de Valois rédigèrent les règles et une constitution de l’ordre, qui furent approuvées par le pape le 17 décembre 1198.

Véritable précurseur de l’Action humanitaire moderne, Jean de Matha fut canonisé en 1666 et devint Saint Jean Matha.

Cette œuvre commença alors son travail de rédemption de captifs chrétiens en Barbarie et, loin de s’arrêter avec la mort de ses deux fondateurs, son action prit une ampleur considérable, se qui fit de l’Ordre de la Très Sainte Trinité le principal acteur de rachats de captifs et de soutient à ceux qui ne purent être rachetés.

Dans un mémoire du XVIIe siècle, intitulé Mémoire instructif pour les commissaires rédempteurs pour répondre à messieurs les recteurs, nous lisons que les rédempteurs outre la liberté qu’ils procurent aux pauvres chrétiens exercent encore les fonctions de missionnaires, administrent les sacrements, exhortent, consolent, fortifient dans la foy et l’espérance ceux qu’ils ne pourront pas racheter, leur font des aumosnes quand la misère les fait chanceler dans la religion. Les renégats même ont recours à eux pour ménager leur retour à l’Eglise.

De plus, pour éviter l’apostasie de ceux qui ne pouvant plus supporter l’état de captivité envisageaient de renier afin de connaître un sort meilleur, les religieux trinitaires (que l’on nomme parfois aussi les Mathurins, en référence au saint auquel se dédiait leur église de Paris) se rendaient en Afrique du Nord : leur véritable combat était celui contre le reniement de la foi, dont le rachat était le premier remède.

L’ordre a toujours été soutenu par le pouvoir royal qui lui confiait des rachats massifs de captifs, les Rédemptions générales.

Marseille fut le siège d’une des premières et principales maisons de l’ordre des Trinitaires, les ordres rédempteurs ayant tout intérêt à s’installer dans un grand port chrétien de la Méditerranée en relations commerciales étroites avec les royaumes barbaresques.

La Très Sainte Trinité y arriva en 1202 : Jean de Matha y reçut en effet des biens et des dons importants pour sa fondation. En octobre 1203, l’évêque de Marseille donna son autorisation pour l’établissement de la maison et d’une église avec cimetière. Parmi les biens des Trinitaires marseillais, il y avait l’hôpital Saint-Martin, simple maison pourvue de lits qui servit à héberger les pauvres et les captifs rachetés.

Tag(s) : #Esclavagisme européen

Partager cette page